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Un avenir proche et lumineux d’un remède contre le covid-19 à un remède contre le vieillissement

Ce texte est un récit d’anticipation positive. Il a été écrit en avril 2020, au début de la crise du Covid-19.

Initialement publie sur le site de l'Association Francaise Transhumaniste - Technoprog

La pandémie de 2020 fut finalement proportionnellement moins meurtrière que la grippe de Hong Kong de 1968. Le nombre total de victimes fut inférieur à deux millions. Le fait le plus exceptionnel de cette pandémie est qu’elle n’a presque tué que des personnes âgées. Au 31 décembre 2020, l’âge moyen des décès dus au Covid-19 était de 75,7 ans et l’âge médian des décès était de 77,3 ans.

Qu’est-ce qui stoppa la pandémie ? Au printemps 2020, il était clair que ce qui fut appelé la « distanciation sociale » serait extrêmement difficile à maintenir et que cela coûterait des centaines de milliards de dollars.

L’Organisation mondiale de la santé déclara que, dans une telle situation, un budget de facto illimité devait être investi pour trouver des thérapies le plus rapidement possible. Cette décision fut approuvée par la plupart des États membres. Il s’agissait notamment des États de l’Union européenne, du Royaume-Uni, de la Chine, de la Russie et, à contrecœur, des États-Unis.

Des thérapies devenues bien communs de l’humanité

Il fut décidé que plus de 50 000 scientifiques de haut niveau dans le monde n’auraient plus qu’un seul objectif : vaincre le virus. Il fut également déclaré que les thérapies contre le virus seraient considérées comme un « bien commun de l’humanité », non susceptible de faire l’objet de brevets ou d’autres formes d’appropriation privée. Il fut même ajouté, sous la pression de personnes qui craignaient de nouvelles pandémies, qu’il en serait de même pour toutes les maladies mortelles existantes ou à venir.

Une équipe internationale en ligne fut chargée de veiller à ce que tout le travail effectué soit dupliqué (voire, pour certaines thérapies, triplé) et qu’aucune thérapie prometteuse, parmi celles qui étaient possibles, ne soit oubliée. Une autre équipe internationale en ligne fut chargée de rendre accessibles toutes les données disponibles concernant la maladie. Et une troisième équipe internationale fut créée pour organiser des essais cliniques avec consentement éclairé.

Pour limiter les problèmes juridiques, l’Assemblée générale des Nations unies, sur proposition du Conseil de sécurité, décida que le statut des personnes travaillant pour le consortium était extraterritorial. Cette décision fut ensuite approuvée dans un traité international par la plupart des États membres. Des juridictions ad hoc furent créées pour résoudre les conflits.

Le consortium international officiellement créé en août 2020 réalisa la campagne internationale la plus réussie depuis l’éradication de la variole. Et fut même plus rapide que cette éradication. Après quelques semaines, il fut possible de donner des anticorps et du plasma aux personnes malades. Après quelques mois, les médicaments antiviraux étaient efficaces. Et grâce à une expérience controversée de « variolisation » réalisée dans le sud de l’Angleterre, il devint possible de vacciner, avec une forme légère de la maladie, les populations jeunes qui devinrent immunisées contre la maladie après quelques semaines.

Après le Covid, le vieillissement

Maintenant que de bons médicaments antiviraux et des anticorps étaient disponibles, maintenant qu’un vaccin était presque prêt, le Covid-19 était toujours là, mais presque plus personne de moins de 75 ans n’en mourait.

Cela provoqua un changement radical d’opinion. Finalement, les citoyens comprirent collectivement ce qui se passait. La réalité était qu’avec un médicament approprié, les êtres humains ne mouraient (presque) jamais du seul Covid-19. Ils mouraient à cause du vieillissement, ils mouraient parce que leur métabolisme ne fonctionnait plus efficacement, en particulier le système immunitaire. Ainsi, le Covid-19 n’était que la dernière poussée, mortelle, mettant fin à cette détérioration.

Avec l’avènement du Covid-19, la vie des personnes âgées était devenue incroyablement précieuse. Personne ne comprit jamais vraiment ce qui fit que les citoyens du monde passèrent de la préoccupation de sauver des personnes âgées ayant le Covid à celle de sauver toutes les personnes âgées. Ce qui est sûr, c’est que personne ne l’écrivit mieux que le vénérable journal Le Monde en couverture du lundi 8 février 2021 :

La guerre contre le Covid-19 est terminée et nous avons gagné. 

La guerre pour le rajeunissement commence et nous allons gagner.

Et avec des centaines de milliards de dollars disponibles, le consortium international et un objectif commun, la grande faucheuse voyait s’annoncer des années très difficiles. Avec l’amélioration spectaculaire des thérapies géniques concernant le vieillissement, avec les nouveaux médicaments sénolytiques et les grands progrès pour un meilleur système immunitaire lors de la lutte contre le Covid, les progrès scientifiques s’accélérèrent à une vitesse jamais atteinte auparavant. Il s’agissait d’un projet de type « moonshot » mais plus rapide que la conquête de la lune.

En septembre 2024, grâce à une thérapie génique administrée alors qu’elle avait 2 ans et des sénolytiques, la souris Corona 26 atteint son 5eme anniversaire, soit l’équivalent de 150 ans pour un humain. Il était clair que la longévité, voire l’amortalité (ne pas mourir de vieillesse), n’étaient plus très loin. Et à la fin de cette année, les premiers volontaires très âgés suivaient de nouvelles thérapies. Et cela fonctionnait.

Bien sûr, il y eut un retour de bâton contre les thérapies presque disponibles. Elle vint d’églises, de philosophes et d’éthiciens. Étonnamment pour certains, très peu d’écologistes se joignirent à ce mouvement. Ils remarquèrent en effet rapidement que les personnes souhaitant suivre des thérapies de rajeunissement étaient en général les mêmes que celles qui étaient très attentives et actives en matière d’environnement.

Après le vieillissement, le futur en commun

L’an 2025 fut une année horrible pour les membres du mouvement que l’opinion publique appelle « deathists » ou « Pro-mort ». En mai, les « Methuselah leaks » furent publiées en ligne. Dans ces documents, il apparut que 37 membres de haut niveau du Mouvement pour le Droit absolu de Mourir de Causes Naturelles (MDMCN), âgés de 75 ans ou plus, essayaient secrètement d’acheter des thérapies de rajeunissement. Dans les 6 mois qui suivirent, le mouvement devint microscopique.

Ainsi, le Covid-19 rendit le monde meilleur, plus résilient. En dehors des domaines de la longévité, le Covid-19 prouva également que le travail était moins nécessaire que ce que les citoyens avaient imaginé avant 2020. Il établit que le travail en ligne et les autres activités virtuelles étaient meilleurs pour la santé et l’environnement que ce que les gens pensaient avant les années 20. Il prouva enfin que la gouvernance internationale, la démocratie mondiale et les règles de droit pour organiser l’utilisation des biens communs étaient toujours nécessaires, même dans un monde où le vieillissement et l’abondance sont moins importants. Mais c’est une autre histoire, trop longue pour être racontée ici.

 

Didier Coeurnelle, born in 1962, is an active member of the European Life Extension Community. He is a funding member and co-chair of Heales, Healthy Life Extension Society, and a member of the board of the Association Française Transhumaniste (AFT) Technoprog. He is also a lifelong member of the Immortality Institute and a donor to the SENS Foundation. As a member of Heales, Didier publishes the newsletter La mort de la mort (in French) and De dood van de dood (in Dutch). As a member of the AFT, he took part in the first two conferences of the AFT in the University La Sorbonne. Didier is also politically active in the Green movement and is a jurist, working in a Belgian Federal Public Service and specialized in Social Security. Watch Didier Coeurnelle Interview. Visit his Facebook page.



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